Les chroniques de l’invisible

chimère

Épisode n°4 : discussion avec une Chimère.

La chimère se trouve sur le balcon haut de la cathédrale Notre-Dame de Paris, au coin sud-est, elle surplombe la ville.

Je l’ai aperçue pour la première fois en novembre 2014 alors que j’étais invité à la capitale pour participer à une émission radio, elle m’avait alors simplement interpelé d’un simple clin d’œil.

Je me suis alors dit que mon prochain épisode des chroniques de l’invisible serait une discussion avec elle.

Habituellement, j’aime avoir un contact proche physiquement des énergies que je côtois, mais force est de constater que pour cette chimère ce serait différent, c’est donc de chez moi, dans le Finistère que je décide d’établir cette communication et d’écrire cette discussion.

Description de la chimère : elle a un corps d’humain plutôt squelettique, on ne voit que la partie supérieure de son corps, celui-ci est légèrement penché en avant et en partie haute, une tête de chèvre avec une grande barbichette et deux cornes courbées vers l’arrière, la droite est cassée à la base du crâne.
Elle a un air agressif, les joues creuses, la bouche ouverte et la langue légèrement en avant. Elle observe la ville d’un regard perçant.

Je me tiens assis sur le balcon à sa droite, les jambes dans le vide, une autre présence invisible se tient à sa gauche, comme son grand frère. Je regarde de plus près, c’est une entité humaine décédée.

Je commence la communication avec lui :

M : Qui es-tu ?
Lui : Je suis son créateur. Je me nomme Viollet-le-Duc.

M : Que fais-tu là ?
Lui : Je m’intéresse à toi.

M : Suis-je si intéressant ?
Lui : Plus que tu ne crois.

Je me recentre sur la chimère :

M : Bonjour chimère, quel est ton nom ?
C : Bonjour, je me nomme « Wolfgang ».

M : Ça sonne un peu allemand ça !
C : C’est le nom que j’ai choisi.

M : Que regardes-tu ?
C : L’expoliation du passé qui essaie de se réinventer.

M : Tu parles des pickpockets ?
C : Oui, cela m’amuse beaucoup.

M : Que trouves-tu drôle dans le vol ?
C : L’intrigue que suscite la personne qui cherche son porte-monnaie dans sa poche et qui ne comprend pas où il se trouve, le voleur pense voler mais il se vole lui-même. C’est plaisant de voir les gens dans l’ignorance.

M : À quoi sers-tu ?
C : Je maintiens les hommes dans une dualité bien/mal, je représente le mal qui chasse le mal et invite les hommes à se réfugier en mon antre pour écouter la bonne parole. Je suis un vestige d’une époque qui s’effondre car les hommes commencent à comprendre la résolution de l’équation qui oppose le bien et le mal, des hommes comme toi, qui se jouent de l’espace et du temps.

M : Ton créateur aurait dû te faire en bois, tu te serais moins embêté 🙂
C : Je ne m’embête pas, il y a toujours un truc intéressant à regarder.

Moi : Sur quoi renvoies-tu ?
C : La contemplation de la divine opposition.

Moi : Encore cette histoire de bien/mal ?
C : Oui.

Moi : Pourquoi ta corne droite est-elle cassée ?
C : Mes cornes sont comme des antennes, l’une capte le positif, l’autre le négatif, il y a quelques années, un orage est tombé et a mis en résonance un alignement d’une petite veine de quartz qui se trouvait dans ma corne, elle a sauté net. Depuis ce jour, l’équilibre est rompu et le monde bascule.

Moi : Dans le bien ou le mal ?
C : Le Mal.

Moi : Pourquoi est-ce arrivé ?
C : La réponse est dans l’accélération de l’évolution qui est en cours, l’humain n’avance que lorsqu’il prend des coups de pieds dans le cul, il faut qu’il vive une expérience négative pour évoluer, pour lâcher ce qui n’est plus utile et avancer vers l’inconnu.

Moi : Y a-t-il une autre solution ?
C : Oui, changer son système de fonctionnement, changer ses croyances, se remettre en question à chaque instant.

Moi : Donc, on est foutu.
C : Pas loin.

Moi : Je trouve que de profil on se ressemble un peu.
C : Nous avons tous les deux des appendices qui extériorisent notre connexion magnétique et notre reliance cosmique, sauf que pour toi, des cornes auraient plus dur à porter.

Moi : Aurais-tu une information pour moi ?
C : Oui, il faut que tu te recentres sur le portail que tu as découvert au cimetière des druides de Pleslin-Trigavou, il t’a ouvert une faculté très spéciale.

Moi : Celle de voir à travers les corps ?
C : Oui.

Moi : J’ai encore du mal à gérer le fait de voir mes os.
C : Là est ta clé.

Moi : Que puis-je faire pour toi ?
C : Accepte juste ce que tu es et ouvre ton cœur.

Moi : Hé bien, je te salue et te remercie Wolfgang.
C : Arrête de nier ou je te mets un coup de pied au cul.

Épisode 3 : Discussion avec une girouette.

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Épisode 2 : Discussion avec une pierre.

Les Chroniques de l'invisible, épisode n°2 : Discussion avec une pierre.

Épisode 1 : Discussion avec un arbre remarquable.

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4 commentaires pour Les chroniques de l’invisible

  1. Casala dit :

    Très belle histoire et une très belle rencontre très Jean Pierre Pappe t’ es formidable😊 je ne suis pas venue par hasard lire ton histoire je partage merci ☺👍👏

    J'aime

  2. MANSO Sylvie dit :

    Coucou Jean-Pierre :-D,
    Lu l’épisode 4. Très beau et me rappelle un peu des sujets abordés pendant la rando.
    Comme le fait de remettre en cause la dualité, ouvrir son cœur, la jouissance dans la souffrance, …
    Merci d’être.
    Bizsssss
    Sylvie MANSO

    J'aime

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